Mécanisme

Au cours de la désensibilisation ou l'immunothérapie spécifique (ITS), l'allergène est absorbé localement (i.e. au niveau de la muqueuse buccale pour la désensibilisation par voie sublinguale, ou du site d'injection pour la désensibilisation par voie sous-cutanée) par les cellules dendritiques, qui ensuite migrent vers les ganglions lymphatiques les plus proches et stimulent les lymphocytes T. Le but de l'ITS, chez les patients atopiques, est de réorienter la réponse des cellules T spécifiques, du type Th2 vers les types Th1 ou T Reg.

Aujourd'hui, la stimulation d'une nouvelle sous-population de cellules T CD4+, les cellules T régulatrices, capables de provoquer une diminution des réponses Th1 et Th2 par la production d'IL-10 ou de TGF-ß, représentent une nouvelle voie à explorer. La sécrétion de cytokines, au cours de l'ITS, modifie l'équilibre existant entre les différentes immunoglobulines, diminuant la production d'IgE et favorisant la réponse IgG4 et IgA.

La dose d'allergènes semble déterminante pour la polarisation des lymphocytes T. L'utilisation de hautes doses d'allergènes dans la désensibilisation par voie sublinguale présente donc un grand intérêt  s'agissant d'induire une tolérance aux allergènes environnementaux ; en effet un grand nombre de cellules dendritiques et de type Langerhans spécialisées dans la capture des allergènes sont présentes dans la muqueuse buccale ; de plus, celle-ci contient peu de cellules pro-inflammatoires (comme les mastocytes), ce qui explique le bon profil de tolérance de voie sublinguale.

 

 

Mécanisme spécifique de la voie sublinguale

Chez les patients sensibilisés à un allergène donné, la désensibilisation par voie sublinguale induit une tolérance orale. L'évolution et le maintien de cette propriété physiologique importante assurent une tolérance à différents stimuli antigéniques environnementaux.

Dans la muqueuse buccale, le système immunitaire a pour fonction d'induire une tolérance aux allergènes. Les caractéristiques de ce système sont les suivantes :

  • Un grand nombre de cellules dendritiques de type cellule de Langerhans capables d'absorber l'allergène et de le présenter aux lymphocytes T sont présentes[1] ; l'absorption de l'allergène se fait par pinocytose ou par des mécanismes de liaison à un récepteur permettant l'endocytose.[2]
  • Des résultats préliminaires suggèrent que la muqueuse buccale contient une faible quantité de mastocytes, un nombre limité de lymphocytes T et pas d'éosinophiles.

La production d'anticorps induite par une immunisation orale concerne plutôt l'IgA sécrétoire que les IgE.

 

 

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[1] Bagnosco M et col. Absorption and distribution kinetics of the major Parietaria judaica allergen (Par J 1) administered by non injectable routes in healthy human beings. J Allergy Clin Immunol 1997; 100: 122-129.
[2] Moingeon P et  coll Immune mechanism of allergen-specific sublingual immunotherapy. Allergy 2006; 61: 151-165