

Comment éviter de se faire piquer et que faire en cas de piqûre ?
Quelques recommandations pour passer un été au calme et en harmonie avec les hyménoptères !
Selon les recommandations, une cohabitation est possible en associant quelques mesures simples de protection et une désensibilisation.
En effet, la désensibilisation est la seule solution pour faire face à cette allergie qui peut peser sur le risque vital, d'autant plus que ses résultats se sont révélés remarquables.
1/ Qui sont les hyménoptères ?
Les plus connus sont les abeilles, les guêpes, les frelons et les bourdons.
Ces insectes tiennent une place importante dans notre écosystème. Ils ont en particulier un rôle irremplaçable dans la pollinisation de nombreuses espèces végétales.
Les abeilles, les guêpes, les frelons et les bourdons piquent pour se défendre.
Les réactions allergiques sont dues le plus souvent aux piqûres d'abeille et de guêpe.
On attribue aux réactions allergiques graves dues aux piqûres d'hyménoptères plus d'une vingtaine de décès par an en France. Ce chiffre est d'ailleurs certainement sous évalué, de nombreux décès survenant brutalement à la campagne étant à tort, attribués à une origine cardiaque.
2/ Comment ne pas se faire piquer ? (les bons réflexes à adopter)
Les abeilles sont moins agressives que les guêpes, sauf certaines espèces obtenues par croisements qui posent de gros problèmes en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Mexique) et au sud des Etats-Unis.
Pour ne pas les attirer, il faut éviter les parfums (et tout autre produit parfumé), porter un pantalon, avoir des manches longues et un chapeau lors de sorties en plein air.
La couleur marron et plus généralement toutes les couleurs foncées doivent être évitées car elles pourraient tromper l'abeille, lui faisant croire en la présence de son ennemi l'ours brun. Il faut lui préférer les étoffes blanches, vertes ou beiges, de préférence non brillantes.
Il est déconseillé de marcher pieds nus et de s'approcher de fruits ou fleurs tombés.
Lors de pique-niques, les viandes et sucreries doivent être rapidement recouvertes. Les ordures doivent être stockées dans un sac fermé.
Enfin, il faut éviter de stationner près de ruches ou d'essaims.
Si un essaim d'abeilles ou un nid de guêpes a été repéré à proximité d'une habitation, il faut prévenir rapidement un apiculteur ou la municipalité de votre ville ou quartier.
Si malgré ces précautions, l'insecte s'approche, il faut garder son calme
et éviter tous gestes brusques.
3/ Que faire en cas de piqûre ?
S'il s'agit d'une simple rougeur locale :
La plupart des piqûres d'insectes déclenchent une réaction locale qui démange de façon plus ou moins intense. Cette lésion peut persister plusieurs jours.
Si le dard est visible, il s'agit très probablement d'une abeille. Ce dard (ou aiguillon) a la forme d'un harpon. Il restera fiché dans la peau après la piqûre, avec les glandes à venin (ou sacs à venin). Celles-ci vident leur contenu en 5 à 10 minutes. Il faut donc rapidement extraire le dard avec une pince en prenant soin d'éviter toute pression qui accélérerait l'écoulement du venin.
Attention aux recommandations consistant à chauffer la zone de piqûre avec une source de chaleur (flamme ou cigarette). Vous risquez de remplacer la démangeaison par une brûlure !
Pour calmer les démangeaisons et les rougeurs, utilisez une pommade à base de cortisone.
Si la lésion ne disparaît pas rapidement ou si les démangeaisons persistent, n'hésitez pas à consulter un allergologue.
En cas de réaction étendue ou générale :
Les réactions étendues ou générales sont caractérisées par une extension de la réaction à distance du point de piqûre. Il s'agit le plus souvent d'une réaction allergique.
Une réaction allergique peut être définie comme une réaction excessive de l'organisme à une substance qui lui est étrangère (ici le venin). Lorsqu'elle est en contact avec cette substance (plus généralement appelé allergène), la personne allergique fabrique des anticorps particuliers destinés à combattre spécifiquement cet allergène.
Cette réaction est la plupart du temps extrêmement rapide.
Elle débute souvent par une urticaire généralisée, puis peut évoluer en oedème du visage (gonflement des lèvres et des paupières). Les réactions plus importantes prennent la forme d'oedème de Quincke (oedème de la gorge, difficulté respiratoire). La réaction la plus grave est le choc anaphylactique associant troubles cardiaques et respiratoires (chute de la tension artérielle, malaise et perte de connaissance).
En cas de réaction générale, il faut surtout rester calme et appeler les secours d'urgence (SAMU).
Une fois celle-ci traitée, un bilan s'impose. Il est indispensable de consulter un allergologue.
Les sujets à risques se seront déjà vus prescrire par leur médecin une trousse d'urgence comprenant de l'adrénaline. Le premier geste sera donc de réaliser l'injection d'adrénaline et d'appeler de toute urgence le SAMU.
Que doit contenir une trousse d'urgence ?
Pour le sujet allergique, chaque piqûre supplémentaire est un risque.
Au vu de la piqûre et des symptômes qu'elle aura provoqués le médecin prescrira une trousse d'urgence. Celle-ci sera composée d'un corticoïde, d'un anti-histaminique, d'un broncho-dilatateur (en cas de crise d'asthme) et d'adrénaline auto injectable.
L'adrénaline est un des médicaments les plus importants pour contrôler les réactions graves.
4/ En cas de réaction allergique sévère, une désensibilisation s'impose.
Lors du bilan, l'allergologue procédera à une enquête ou interrogatoire (circonstances de l'accident, tentative d'identification de l'insecte piqueur), pratiquera des tests cutanés (intra dermo réaction) et fera effectuer des prélèvements sanguins (dosage des IgE spécifiques).
Une fois le diagnostic établi, l'insecte identifié, en présence d'un patient ayant eu une réaction grave et si les tests cutanés (et IgE spécifiques) sont positifs, l'allergologue prescrira un traitement de désensibilisation.
La désensibilisation est le seul traitement de l'allergie aux venins d'hyménoptères.
La désensibilisation consiste à injecter des doses croissantes de venins de guêpe ou d'abeille par voie sous-cutanée pour parvenir à une dose maximale de 100µg de venin (correspondant à plusieurs piqûres d'insectes).
Pendant la phase d'initiation de traitement, la progression des doses se fait en milieu hospitalier, selon différents protocoles allant de plusieurs heures à plusieurs jours.
La phase de suivi de traitement consiste en une injection de la dose maximale de 100µg de venin tous les mois dans un premier temps puis toutes les 4 à 6 semaines pendant 5 ans voire à vie dans certains cas.
Ces injections mensuelles peuvent être effectuées en ville, au cabinet de l'allergologue.
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